Blason de Rueil-Malmaison
De gueules au château de la Malmaison d’or, ouvert et ajouré de sable, soutenu d’une fleur d’hortensia d’azur tigée et feuillée de sinople, au franc-canton d’azur chargé d’une lettre N capitale d’or surmontée d’une étoile rayonnante du même qui est des villes de seconde classe.
Ce blason évoque le souvenir de la mère de Napoléon III, la reine Hortense de Beauharnais. Ses deux éléments principaux rappellent en effet, le château (de la Malmaison) ou elle vécut et la fleur d’hortensia dont est issue son prénom. Le « N » surmontée d’une étoile rayonnante est caractéristique des villes de seconde classe dans l’héraldique napoléonienne.
C’est un blason moderne (XIXe siècle) dont on peut voir ci-contre l’interprétation graphique qu’en donne Henry Salomé du Projet Wikipedia.
Petite histoire des armoiries de Rueil-Malmaison
L’histoire des armoiries de Rueil-Malmaison commence en 1868, date de début des travaux du nouvel hôtel de ville. Le maire Adrien Cramail qui souhaite décorer le nouvel édifice avec le blason de la ville « après avoir inutilement fait des recherches soit aux archives impériales soit dans les ouvrages spécialisés, (..) avait acquis la preuve que la ville de Rueil n’avait jamais possédé d’armoiries », mandate un certain M. Froyez, avocat référendaire à la chancellerie et spécialiste d’héraldique afin d’élaborer un projet d’armoiries évoquant grands personnages et faits historiques de l’histoire de Rueil.
Une proposition recalée
Une première ébauche, de composition un tantinet complexe, est proposée au Conseil municipale. Partitionnée en trois : elle évoque dans la partie supérieure l’héritage napoléonien (le « N » et le château de la Malmaison), et dans la partie inférieure l’héritage de Richelieu représenté par son blason (D’argent, à trois chevrons de gueules) complétée d’une ancre en référence à ton titre de grand amiral de France et celui des Tascher de la Pagerie (D’argent, à trois fasces d’azur, chacune chargée de trois flanchis du champ, surmontées de deux soleils de gueules). Comme si le dessin n’était pas assez compliqué, certains proposent même de rajouter les armes de la reine Hortense, inhumée à Rueil.
Mais la proposition ne passe pas le cap du Conseil impérial du sceau qui lui fait deux reproches principaux : la présence d’une ancre alors que Rueil n’a pas de port et la nécessité d’obtenir le consentement des descendants des familles Richelieu et Tascher de la Pagerie.
Blason de la famille du Plessis-Richelieu
Projet de blason de Rueil-Malmaison
Blason de la famille Tascher de la Pagerie
La deuxième sera la bonne
Une deuxième ébauche qui ne retient que le « N » de Napoléon, le château de la Malmaison et une fleur d’horthensia est validée par le conseil municipal du 31 décembre 1868. La proposition suit alors le processus complexe de validation de l’époque (le Préfet, puis le Ministre de l’Intérieur, puis le Garde des Sceaux puis le Conseil Impérial du Sceau). Le 1er septembre 1869, les lettres patentes signées par l’Empereur et scellés du grand sceau de l’Empire sont accordées par décret impérial.
« Napoléon III, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, empereur des Français, à tous, présents et à venir, salut. (…) de gueules, au château de la Malmaison d’or, maçonné et ajouré de sable, à la fleur l’hortensia au naturel, posée en pointe ; Franc quartier des villes de seconde classe (qui est, à dextre, d’azur à l’N d’or, surmontée d’une étoile, rayonnante du même), réduit au neuvième de l’écu ; l’écu sommé d’une couronne murale à cinq créneaux, d’argent, traversée d’un caducée contourné du même, auquel sont suspendues deux guirlandes : l’une à dextre, d’olivier, l’autre à senestre, de chêne, aussi d’argent, nouées et rattachées par des bandelettes d’azur ».
Un peu d’héraldique napoléonienne
Si l’écu lui-même a été simplifié (ce qui n’est pas plus mal d’un strict point de vue héraldique), le décor reste tarabiscoté. Il est en fait fort classique : c’est le décor standard appliqué au ville de 2e classe en héraldique impériale. Sous l’Empire, les villes étaient en effet divisées en trois classes suivant leur importance. Rueil étant ville de deuxième classe, ses armoiries doivent comporter :
Sur le blason : un franc-quartier ou canton dextre d’azur chargé d’un N d’or, surmontée d’une étoile rayonnante de même.
Et comme ornements extérieurs : une couronne murale à sept créneaux d’argent pour cimier, soutenue d’un caducée de même auquel sont suspendus deux festons servant de lambrequins, l’un à dextre (gauche) de chêne, l’autre à senestre (droite) d’olivier aussi d’or, noués et rattachés par des bandelettes d’azur.
Sources:
- Hélot-Lécroart, Dominique, « Les armoiries de Rueil », in Bulletin de la Société Historique de Rueil-Malmaison numéro 34, Rueil-Malmaison, SHRM.
- Vavon, Julie (Archiviste), « Aux Armes, Rueillois »
- Armorial des villes et villages de France, Rueil-Malmaison




